Le village
Canton d’Yvetot
Arrondissement de Rouen
Superficie : 1 465 ha
Population 1992 : 1 007 hab.
Habitants : les Allouvillais
Origine du nom : de Adlolvilla, formé d’un nom d’homme germique, et du latin villa, le domaine rural et Bellefosse, citée vers 1210 sous l’appelation de Bellam Fossam.
Un peu d’histoire…
La commune d’Allouville-Bellefosse est formée en 1823 de la réunion des communes d’Allouville et de Bellefosse. Dès 1141, Bellefosse possède une église paroissiale qui appartient alors à l’abbaye de Montivillers. Au XIIIème siècle, son patronnage est alternativement partagé entre les rois de France et les seigneurs du lieu. On cite à Bellefosse au XVIIème siècle le fief de Rohan qui est défendu par un château fort. Dès avant le XIème siècle, et pendant six cents ans, la terre et le château d’Allouville sont l’entière possession des seigneurs de Récusson, dont certains se distinguent lors des croisades ou au service du roi de France. La paroisse d’Allouville voit se succéder à sa cure des prêtres d’extraction noble : Cosme Daniel, seigneur et abbé du Détroit. François de la Motte; François Boieldieu. Les seigneurs d’Allouville et les religieux de l’abbaye de Saint Wandrille se disputent longtemps le patronage de la cure. Quelques personnages d’une certaine renommée sont originaires de cette communes de la campagne normande : le fibustier Pierre Belain d’Esnambuc, qui se rend maître au nom de la France de l’île de la Martinique en 1635 et y fonde la ville de Saint-Pierre, naît en 1585 à Allouville, au manoir de Quenonville ; Charles-Amand Patenôtre, né en 1795, est pendant quarante ans médecin de l’ambassade de France à Saint-Pétersbourg ; Etienne Delisle, qui fonde une école de mathématiques au Havre.

Le chêne
Hauteur : 18 m
circonférence : 15 m
Ce chêne, agé de 1200 ans, est planté près de l’église d’Allouville. En 1696, le père Du Cerceau à l’idée de faire entrer des enfants à l’intérieur de cet arbre entièrement creux et de donner à chacun un sol. Il incite également le curé de la paroisse à installer deux chapelles dans le tronc évidé : une (en bas) est dédiée à Notre-Dame de la paix, la seconde (à l’étage) appelée “chambre de l’ermite”. L’abbé Du Détroit fait aménager un clocheton surmonté d’une croix en fer. Pendant la révolution, Jean-Baptiste Bonheure, instituteur et bedeau, appose une inscription sur cet arbre, le désignant comme “temple de la raison”. Cette initiative évite probablement la disparition de ce chêne.

L’église Saint Quentin
XIIIème-XVIème-XVIIIème-XXème
L’église est placée sous le vocable de Saint Quentin, dont la statue figure dans le choeur. Rebâti au XVIème siècle, l’édifice possède un clocher du XVIIIème siècle, dans le style dit de Médicis. A l’intérieur du bâtiment, la chaire, les deux autels et l’autel majeur sont à remarquer ainsi qu’un bahut Renaissance sculpté, accolé aux fonts baptismaux. La sacristie est une ancienne chapelle seigneurale. Au-dessus de la porte d’entrée sud de l’église s’avance une gargouille du XIIIème siècle. Un cadran solaire du début du XXème siècle orne l’entrée sud.

Le choeur
XVIème
Le choeur est réalisé au XVIème siècle comme l’atteste une inscription portée à l’intérieur de l’ensemble : “ce chancel a fait faire Maître Avisse de Récusson, curé de céans en l’an 1538.” Deux verrières, restaurées en 1875, gràce à l’abbé Blondel, ornent le choeur. L’une représente une Cène et la Descente au jardin des oliviers, l’autre raconte une partie de la légende de Saint Quentin.
Plaque commémorative Pierre Belain D’Esnambuc
XVème siècle
Eglise Saint Quentin

Pierre Belain d’Esnambuc, fils de Nicolas Belain, sieur de Quenonville et d’Esnanbuc, est baptisé le 9 mars 1585 dans l’église Saint Quentin. Il se rend célèbre en prenant possession de la Martinique le 15 septembre 1635, au nom du roi, et en fondant la ville de Saint Pierre. Il peut être considéré comme l’artisan de la puissance coloniale français aux Antilles. Le 9 septembre 1862, une plaque à la mémoire de Pierre Belain est apposée dans les fonts baptismaux de l’église bénie par l’évêque de la Guadeloupe et en présence du baron Baillandel de la Reintre, l’un des plus puissants propriétaires de la Martinique. Cette autre plaque commémore le 400éme anniversaire de la naissance du navigateur.

Le manoir d’Isménil
XVème-XVIIème siècle
Pan de bois
Isménil
Le manoir d’Isménil construit dans la première partie du XVIIIème siècle présente des éléments conçus par les Yvemesnil entre la fin du XVème siècle et le dédut du XVIème siècle. La façade encorbellée, encadrée par des pignons en brique, possède deux portes jumelées rappellant le style gothique. Les vantaux sont renforcés par des clous dorés en fleurs de lis. Le manoir connaît quelques réfections au cours du XIXème siècle.

Le four à pain
XIVèmesiècle
Pierre
Manoir d’Isménil
Ce four à pain, datant probablement du dédut de la guerre de Cent ans, est l’élément le plus ancien du manoir détruit pendant la révolution. Dans la cour de cette ferme, on peut voir encore aujourd’hui un carré en pierre où les seigneurs du lieu parquaient les animaux confisqués aux paysans ne payant pas leurs impôts, ou les animaux errants.
L’ancienne Orangerie
Manoir d’Isménil

Au moment de la révolution, un manoir, dont la datation demeure inconnue, construit sur le domaine d’Isménil, est démoli. Il ne reste aujourd’hui de cet ensemble que les vestiges d’une chapelle transformée en grange et cette ancienne orangerie.

Le pigeonnier
XVIème siècle
Manoir de Quenonville
Rue Pierre Belain d’Esnambuc
Pierre Belain d’Esnambuc, qui prend possession de l’île de la Martinique au nom du roi de France en 1635, est né dans le manoir de Quenonville, ou Canouville, dont il ne reste aujourd’hui qu’une maison de style cauchois et ce pigeonnier. En 1935, des élus martiniquais, lors d’une manisfestation publique, rapportent à Quenonville une urne contenant de la terre de Martinique. Cette urne est toujours conservée par les propriétaires du pigeonnier. Une plaque rappelle cet événement local.

L’ancien Presbytète
XVIème-XVIIIème siècle
Pan de bois
Route de Caudebec
Cet ancien presbytère connaît plusieurs réaménagements, notamment au XVIIIème.
Le château de Bellefosse
XVIIIème siècle
Bellefosse

De plan quadrangulaire, le chàteau est caractéristique de l’architecture de la première moitié du XVIIIème siècle. Il se trouve près du hameau du Cheval-Blanc où d’après les chroniques locales Henri IV loge le 18 mai 1592.
Le manoir de la Turgère
Vers le XVIIIème siècle
La Turgère

Par son architecture, ce manoir, probablement bâti au XVIIIème siècle, s’apparente davantage aux constructions du XVIIème siècle. Un colombier de la fin du XVIème siècle, de forme octogonale en brique et silex, et une chapelle de datation plus récente, complètent l’ensemble. Au XVIIIème siècle, les Asselins de Villequier, rendant plusieurs aveux au roi, nomment le fief de Creuilly comme sis à Allouville et appartenant aux Bigot de La Turgère.

La chapelle
Vers le XVIIIème-XIXème siècle
Brique
Manoir de La Turgère

La villa Marie-Emilie
XIXème siècle
Pierre et brique
Sainte Marie
La villa Marie-Emilie était la propriété du marquis de La Faulotte. Il l’a léguée à la commune qui l’a ensuite revendue.

Le calvaire
XIXème siècle
Pierre
Ce calvaire rappelle la mémoire de quatre prêtres d’Allouville : Samuel Isidore Trubel, Guillaume Cabot, J.B. Bourienne, et J. François Leclerc. Il semble avoir été dressé à l’emplacement où en 1685 le seigneur de Quenonville et Regnault de Récusson se sont battus en duel après la grand-messe. Ils sont condamnés par l’officialité de Rouen à assister à la cérémonie de la réconciliation du cimetière tenant chacun à la main un cierge d’une livre.

Le monument aux morts
1921
Le monument aux morts porte la mention “1914-1919″, les Allouvillais ne considérant la guerre complètement finie qu’au retour de tous les prisonniers au village.