Commentaire sur l’église
L’église d’Allouville est placée sous le vocable de Saint QUENTIN qu’on voit ici, à gauche de l’autel, tenant sa tête dans ses mains et de Sainte EUTROPE, à droite de l’autel Saint Quentin aurait évangélisé la région d’Amiens. Son corps, jeté dans la Somme aurait été retrouvé par Eusebie, 50 ans plus tard, et l’aurait fait enterré sur la colline de Saint Quentin dans le nord.
Saint QUENTIN fut le but d’une « confrérie » au XVème siècle. Les statuts furent rédigés par le vicaire Guillaume Lemoygne en 1626 et reçurent l’approbation du Cardinal d’Estouteville.
La fête de ce saint est célébrée le premier dimanche de mai. Un cantique, œuvre de François Boieldieu était chanté publiquement, autrefois.
La saint Quentin est aujourd’hui, et depuis longtemps déjà, la fête foraine du village.
L’église a été reconstruite au XVIème siècle, le mur sud est probablement de la fin du XVème.
C’est en 1498, pendant le règne de Allain II de Recuchon, Seigneur d’Allouville, que le curé Jean Cousin a entreprit de réparer les dégâts causés à l’église pendant l’occupation du pays de Caux par les troupes anglaises.
Avec les pierres de la carrière de Rançon, il a fait construire de solides contreforts et dans le même temps, il fit ouvrir des fenêtres ornées de tympan.
Environ 50 ans plus tard, sous la houlette de François de Recusson, seigneur d’Allouville, le chœur a été reconstruit et c’est ainsi qu’on peut lire en lettre gothique :
Ce chancel a fait naître Avisse de Recusson cure de Ceans en l’an 1538
L’abbé COCHET pense qu’à cette époque, le clocher séparait le chœur et la nef.
Le maitre autel, décoré de fleurons, coquilles et palmettes a été restaurée en 1982.
Le vitrail de gauche représente la “cène”, celui de droite “l’arbre de vie” reprend une partie de la légende de Saint Quentin. Ces verrières sont probablement du deuxième quart du XVIème siècle. Elles ont été restaurées en 1875 en 1949 et dans les années 1980.
La sacristie est l’ancienne chapelle seigneuriale, agrandie et restaurée en 1884 grâce à un legs fait par le sieur Patenôtre.
On aperçoit ce généreux donateur Charles Amand Patenôtre, sur le vitrail à droite du chœur.
Cet enfant du pays, fils du cordonnier est resté pendant 40 ans le médecin de l’ambassade de France à Saint Petersbourg.
Sur l’autre vitrail, vous pouvez lire qu’il a été donné par le Comte d’Escherny, à l’occasion du mariage de sa fille avec René de la Boutresse. Le comte d’Escherny habitait le château de Bellefosse et fut maire de la commune durant de longues années.
La peinture au-dessus de l’autel est signée “Lesimple de Paris”.
Le comte d’Escherny aurait donné deux peintures faites de sa main ; et en 1836, Monsieur Cavé, directeur des Beaux-arts, aurait envoyé une grande toile, au nom du gouvernement.
La vierge à l’enfant, pierre polychrome XIV ème vient d’être restaurée.
L’autel moderne qui se trouve face à la nef, est constitué des quatre panneaux qui se trouvaient sur la tribune.
Le chœur était le privilège des nobles, qui, avec les curés, s’y faisaient inhumés. L’abbé Raoullin fut le dernier.
La nef était le domaine du peuple, On voit l’autel de la Vierge ainsi que l’autel de Saint Eloi.
Sous les dalles dorment environ 300 personnes puisque les gens aisés, imitant les nobles se faisaient inhumer ainsi. C’est ce qui explique, en partie, l’effondrement du mur nord.
Sur le mur sud, on peut admirer un cadre sculpté qui vient de l’ancienne église de Bellefosse. Il représente, sous les traits de François Marpeley, alors curé de ce village, Saint François d’Assise recevant les stigmates, surmontant un écu, soutenu par deux palmes qui étaient les armoiries de la famille Marpeley.
Les verrières de la nef ont été recomposées avec les débris des anciens vitraux lors de l’éboulement du mur nord; on peut apercevoir Saint Michel, une scène du déluge, les vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité, puis le Père éternel avec des anges musiciens…
La statue de Sainte barbe, en pierre polychrome, époque Louis XII, sans doute du début du XVème siècle, Sainte Marguerite, pierre du XVème, époque Louis XII, avec un dragon couché à ses pieds était implorée par les femmes enceintes pour faciliter le travail de l’accouchement, Saint Sébastien récemment restaurées viennent également de l’ancienne église de Bellefosse.
Saint Jacques le majeur est en attente de restauration.